Sélectionner une page

Gérard Musy est né en 1959 à La Chaux-de-Fonds, en Suisse.

Dès 1983, encore étudiant, Gérard Musy commence à photographier la vie nocturne dans les métropoles de New York, Los Angeles, Londres, Paris et Genève. Il photographie cette nouvelle envie de fête où la boîte de nuit est ce nouvel espace de plaisir sensuel et ludique. Il prend en photo ce monde nocturne de transgression au plus près en étant non seulement à l’intérieur mais également acteur. Il traverse les nuits arty des performances de l’East Village à New York et de la Danceteria en1983, les nuits excentriques sex post-punk de la Batcave de Londres – préfiguration de la vague déferlante fetish/S/M à la fin de cette même décennie – et les nuits « mode » de Paris au Palace où les « Nouveaux Créateurs » redécouvrent le corps sexué. Ces années brillantes, éclatantes, dansantes, fun et insouciantes où la jouissance de voir et d’être vu est primordiale.

Son travail sur ce thème sera récompensé par un Prix fédéral des Arts appliqués en 1987, exposé au Musée de L’Elysée en 1991 et publié par Ester Woerdehoff aux Editions Benteli en 1994.

En 1985, il est présent aux toutes premières soirées fetish S/M au Maîtresse Club à Soho de Londres. Un gigantesque mouvement sociétal va par la suite envahir le monde entier pendant plus d’une décennie. Il est le seul photographe qui a suivi ce mouvement depuis sa naissance jusqu’à son apothéose dans The Rubber Ball de Londres et dans les plus grandes boîtes de New York et Paris.

En 1986, il obtient une licence en lettres de l’Université de Genève en histoire de l’art avec un mémoire sur le photographe Robert Frank qu’il verra à plusieurs reprises. Ce dernier lui fera le plus beau des compliments en lui disant que ses images lui font penser au réalisateur italien Antonioni.

En 1986, Gérard Musy est le premier photographe de mode à pénétrer et photographier  à l’intérieur des « cabines » des défilés de mode.  En1 988, il publie ses premières images de backsage en pleine page dans le magazine le plus branché de New York: Splash. Il capte la vie frénétique de cet espace se situant entre l’intimité et la représentation.

De 1987 à 1991 il vit New-York. Dès 1988, il innove en mode en recherchant naturellement la vie dans la non-pose: une vivacité après les poses massives des Ritz et Weber. En noir et blanc sensuel ou en couleurs éclatantes, il recherche une force rayonnante et radieuse. Il est toujours en mouvement comme le modèle lui-même: un double jeu. Jeu qui continue avec l’apparition numérique. Musy photographie à la fois pour des magazines de mode internationaux très novateurs comme Details, Pure, Yummy, Massiv, Exit, SkinTwo… et pour les magazines de référence comme Vanity Fair, Harper’s Bazaar, Vogue Hommes , Glamour, Jalouse, Joyce, Sportwear Internationnal, etc.

Depuis les année 90, tout en continuant à photographier le monde de la nuit, il s’intéresse aux corps, cette fois dans son intimité et qui sera le sujet et l’enjeu photographique central de la fin du millénaire. Les corps photographiés sont d’abord « intimes fetish », puis exhibés en jeu S/M pour finir « selfisés ». Il se photographie lui-même dans un monde où la limite entre intime et extérieur n’existe plus.

Ce travail sera récompensé par un second prix fédéral des Arts appliqués en 1995 et sera publié aux Lleditions en 2006, avec une préface de William Ewing (Lustre Fetish Nights), directeur du Musée de l’Elysée. Il sera d’ailleurs exposé sous la forme d’une projection au Musée de l’Elysée en 2007 et présenté dans l’exposition Darkside au Fotomuseum de Winterthur en 2008.

Depuis 1991, il vit à Paris. En tant que photographe d’art, il réalise une oeuvre d’une cohérence totale, comprenant actuellement six thématiques majeures dans lesquelles tout est en correspondance et résonance.

Dès 1996, il commence deux autres thématiques plus contemplatives:  Leaves et Lontano/Lejano. La première est une traversée dans la nature végétale et la seconde un voyage dans l’espace méditerranéen et dans le temps du souvenir. L’ensemble des quatre thèmes forme une tétralogie: LLLL. Le thème de la nuit peut ne sembler en prime abord qu’un sujet superficiel, mais chez Gérard Musy, toutes les images sont le reflet d’une pensée photographique. Ainsi, il va étendre et décliner tous les enjeux déjà présents dans les deux thématiques de la nuit (en vrac et ici et sans développement): l’énergie de vie, les collisions d’éléments formels, le hasard, l’imaginaire, le rêve, la transgression/traversée/transcendance et finalement l’exploration à la fois des sens, des corps, de l’espace et du temps menant à une fusion empathique. Une euphorie.

2016  Il termine un diptyque: Kaleidoscope et Beyond. Deux sujets, un Alice aux Pays des Merveilles enfantin hypercoloré et un «film noir»  BDSM, apparemment en totale opposition mais réunis formellement. Une diffraction visuelle et un abandon de maîtrise photographique sont partagés. En plus Beyond finalise l’idée majeure de sa photographie: faire partie du monde photographié – A travers le miroir.

Finalement, le sujet photographié importe peu car cette recherche formelle de symbiose est similaire dans une nuit de fête (Lamées), une nuit fétichiste/érotique (Lustre), une traversée dans la nature (Leaves), un retour dans le temps (Lontano), un tourbillon de manèges (Kaleidoscope) ou une exploration sensorielle S/M (Beyond).

ll réalise actuellement des diaporamas complexes correspondant aux thématiques. Une forme totalement originale qui dépasse la photographie seule. Il entreprend Legerdemain des instantanés couleurs, «légers», en «figures libres»: contemporains  comme des images de réseaux sociaux…

Gérard Musy was born in 1959 in La Chaux-de-Fonds, Switzerland.

As early as 1983, and still a student, Gérard Musy began to photograph nightlife in iconic cities, including New York, Los Angeles, London, Paris and Geneva. With Lamées, he photographed this emerging desire for festivity, where nightclubs are a new space for sensual and playful pleasures. He captured from very close up this nocturnal world of transgression, not only as an insider but also an actor in the scene. Musy navigated the arty nocturnal performances of the East Village in New York and of the Danceteria in 1983, the eccentric sex-post-punk of the Batcave in London – prefiguring the fetish / S&M scene towards the end of the same decade – and the Parisian trendy nights at the Palace where the Nouveaux Créateurs rediscover the sexualised body. 

These were brilliant, glowing, dancing, fun and carefree years where the pleasure of seeing and being seen was crucial. His work on this theme was recognised by the Swiss federal award for Applied Arts in 1987, exhibited at the Musée de l’Elysée in1991 and published by Ester Woerdehoff (Benetli editions) in 1994. 

In 1985, Musy was present at the early fetish S&M evenings at the Maîtresse Club in London’s Soho district. A massive societal movement thereafter swept the world for over a decade. Gérard is the only photographer to have followed this movement from its genesis until its apotheosis in The Rubber Ball in London, as in the grandest clubs of New York and Paris.

In 1986 he graduated with an Art History degree from the University of Geneva, for which he produced a research paper on the photographer Robert Frank who he met on several occasions. From him, Gérard Musy received the most rewarding of compliments, when his work was compared to that of Italian filmmaker Antonioni.

In 1986, Musy was the first fashion photographer to be granted exclusive access to the changing rooms of fashion shows. In 1988 he published his first images of backstage as a two-page spread in the trendiest magazine in New York: Splash. He captures the frenetic life in the space between intimacy and representation.

From 1987 to 1991 Musy lived in New York. He innovated in fashion photography by naturally investigating life in the non-pose: vivaciousness after the over-sized poses of Ritz and Weber. In sensual black and white or in radiant colour, he always seeks a shining and radiant energy. He is always in movement, just like the model: a double game. A game that continues with the digital revolution. Musy photographed for ground-breaking international fashion magazines including Details, Pure, Yummy, Massiv, Exit, Skin Two… and for references like Vanity Fair, Harper’s Bazaar, Vogue Hommes, Glamour, Jalouse, Joyce, Sportswear International, etc.

In the 1990s, while still capturing nightlife, he began to explore the body, this time in its intimacy, which became the subject and photographic predilection of the end of the millennium. With Lustres, the bodies are initially captured as “intimate fetish”, then exhibited in S&M mode, to end up “selfied”. Gérard captures himself in a world where there is no longer a frontier between intimate and exterior.

This work was awarded a second time by the Swiss federal award for Applied Arts in 1995, and published under the name of Lustre Fetish Nights by LLéditions in 2006, with a preface by William Ewing, director of the Musée de l’Elysée. This work was also exhibited in the form of a projection at the Musée de l’Elysée in 2007 and presented at the Darkside exhibition at the Fotomuseum of Winterthur in 2008.

Since 1991, Gérard has lived in Paris. As an art photographer, his creative work is totally coherent, currently embracing six major themes where everything corresponds and resonates.

From 1996, Musy has approached two more contemplative themes: Leaves and Lontano/Lejano. The former is a journey into natural vegetation, and the latter a voyage into the Mediterranean space and into a time of remembrance. Together, the four themes Lustres, Lamée, Lontano, and Leaves form a tetralogy: LLLL. The theme of the night may seem superficial, but for Gérard Musy, all these images are the representation of a photographic reflection. He extends and declines notions already present in the two themes of the night (listed ad-hoc and here without detail): the energy of life, collision between formal elements, chance, fantasy, dreams, transgression/traverse/ transcendence, and finally the combined exploration of the senses, bodies, space and time, leading to an empathetic fusion. Euphoria.

In 2016 he completed a diptych: Kaleidoscope and Beyond. Two subjects, a childlike and “hypercoloured” Alice in Wonderland, and a BDSM “ film noir”, seemingly in total opposition, but formally united. A shared visual diffraction and abandonment of photographic mastery. Furthermore, Beyond accomplishes a major element in his work: to be part of the photographed world – Through the Looking Glass.

Finally, the photographed subject is of lesser importance, since the quest for symbiosis is similar in trendy nights (Lamées), a fetishist/erotic night (Lustre), a voyage into nature (Leaves), travel in time (Lontano), the whirlwind of roundabouts (Kaleidoscope), or a sensorial S&M exploration (Beyond).

Gérard Musy is currently producing complex slideshows corresponding to his themes. A totally original form, which surpasses photography alone. He is now undertaking Puzzle, instant colour shots, “light”, as free figures: as contemporary as images on social media…